Nutrition des personnes âgées : l’Académie nationale de médecine rappelle l’importance d’une prise en charge globale de la dénutrition

À l’occasion d’une séance consacrée aux actualités de la nutrition chez les personnes âgées le 30 juin 2026, l’Académie nationale de médecine a rappelé que la dénutrition constitue une pathologie fréquente et multifactorielle, aux conséquences majeures sur l’autonomie et la qualité de vie.
En voici les points principaux à retenir.

Jean-Pierre Michel (gériatre, Genève) a rappelé que la dénutrition de la personne âgée est une pathologie fréquente, multifactorielle, dont les conséquences sur l’autonomie sont majeures. Il a souligné l’importance de comprendre les mécanismes impliqués dans son développement : diminution des apports alimentaires liée notamment à l’anorexie du vieillissement, altérations du goût et de l’odorat, inflammation chronique liée à l’âge (« inflammaging ») et perte progressive de masse musculaire. Le dépistage précoce est essentiel afin d’intervenir avant l’installation d’une véritable spirale de la dénutrition associant fonte musculaire, fatigue, diminution de l’activité physique et perte d’autonomie.

Jacques Delarue (professeur en nutrition, Brest) a insisté sur les liens étroits entre nutrition, santé musculaire et santé osseuse au cours du vieillissement. La sarcopénie, l’ostéoporose et l’ostéosarcopénie augmentent le risque de chutes, de fractures et de perte d’autonomie. Leur prévention repose sur une approche multimodale associant une alimentation adaptée, avec notamment des apports suffisants en protéines, vitamine D et calcium, et une activité physique régulière combinant exercices de résistance, marche et travail de l’équilibre.

Joël Belmin (gériatre, Paris) a présenté les liens entre nutrition et santé cognitive, en rappelant que les facteurs nutritionnels influencent plusieurs mécanismes impliqués dans le vieillissement cérébral, notamment l’inflammation, le stress oxydatif et le fonctionnement mitochondrial. L’alimentation méditerranéenne, riche en végétaux, légumineuses, fruits à coque et huile d’olive, apparaît comme un modèle alimentaire associé à un meilleur vieillissement en santé et à une diminution du risque de déclin cognitif. L’activité physique constitue également un élément majeur de prévention.

Agathe Raynaud-Simon (gériatre, Paris) a rappelé la place des compléments nutritionnels oraux (CNO) dans la prise en charge de la dénutrition de la personne âgée. Les CNO hyperénergétiques et hyperprotidiques permettent d’augmenter les apports protéino-énergétiques et ont démontré leur efficacité lorsqu’ils sont intégrés dans une stratégie nutritionnelle individualisée, associée aux conseils diététiques et à l’activité physique adaptée. Elle a également insisté sur l’importance de surveiller régulièrement leur observance et leur efficacité, en évaluant notamment l’évolution du statut nutritionnel, des apports alimentaires et des capacités fonctionnelles, afin d’adapter la prescription si nécessaire.

D’après la séance du 30 juin 2026 de l’Académie de médecine « Actualités sur la nutrition des personnes âgées »